Opéra rap les Sao, c’est le nom donné à la résidence de création initiée par l’artiste Sultan qui s’est tenue du 02 mars au 30 avril 2021 à l’Institut Français du Tchad. Durant deux mois, le rappeur Sultan a réuni une équipe autour d’une recherche artistique « sur les traces des Sao ». Une autre approche et une autre proposition sur l’histoire et la légende des Sao.
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Les 14 et 15 mai 2021 ont donc été les dates retenues pour la restitution de cette résidence de création dans la salle de spectacle de l’Institut Français du Tchad. Pour l’occasion, l’artiste Sultan n’a pas lésiné sur les moyens et le public ayant fait le déplacement pour les spectacles de restitution a été littéralement enchanté, surpris et même bluffé par la qualité du rendu proposé par la team réunie autour de l’artiste Sultan.
En intro un big up au mouvement hip hop et son vécu…

La levée de rideau est faite par les danseurs de rue (streetdancers) entre entrainements, répétitions, coups de gueule etc. Il faut l’arrivée des rappeurs pour calmer la situation et remettre tous les acteurs ensemble. Toute l’imagerie de la scène hip hop en quelques minutes : le travail acharné pas souvent reconnu à sa juste, les clashs, les biffes mais toujours une seule chose qui réunit et met tout le monde d’accord : le hip hop.
L’histoire et/ou la légende des Sao sous le récital de Daisson

L’artiste Daisson est celui qui a véritablement ouvert le spectacle après cette intro hip hop : adossant le rôle d’un conteur avec toute l’éloquence qui va avec, l’artiste Daisson a déroulé l’histoire des Sao, la légende des géants guerriers enrobée de rêverie, de mélancolie, donnant une connotation particulière au récit fait par l’artiste Daisson.
Les violences et les discriminations faites aux femmes au cœur du spectacle

Après ce détour historique dans l’histoire des sao, ce fut le temps découvrir les différents thèmes choisis pour agrémenter le spectacle. Une mise en scène des femmes subissant des violences de la part des hommes donnait directement le ton. Qui de mieux que l’artiste Mélodji, auteure du classique « Dian koudj » pour être la voix qui porte le cri des femmes violentées et discriminées ? Dans sa magnifique robe, Melodji a donné le ton pour crier et surtout chanter haut et fort le cri des femmes.
L’arrivée de l’artiste Sultan sur scène dans la peau d’un roi, accompagné de sa reine jouée par l’artiste Bouchra pour venir trancher sur le problème des violences et des discriminations dont sont victime les femmes. Dans un rap très posé, le roi a donné sa sentence : la femme doit être respectée, vénérée. La femme doit être seule maitresse de ses choix.
C’est alors que l’on a assisté à une bataille de rap dans le but de courtiser les jeunes femmes du royaume. A l’arrivée ce fut aux jeunes dames de choisir chacune son prétendant et non le contraire comme cela se fait à l’accoutumée.
Une mosaïque des danses Sao présentées au public

La mission des danseurs sur ce spectacle n’était pas la plus facile : entre les différentes danses et les différentes tenues qui vont avec, la synchronisation visait la perfection. Danse hip hop, danse contemporaine, danses traditionnelles (Saï et Mbilé) etc. les danseurs ont tout donné durant le spectacle. C’est connu en Afrique, tous les moments de la vie sont rythmés par les chants et les danses et les Sao ne font pas l’exception dans ce registre.
Le sempiternel conflit éleveurs – agriculteurs une fois de plus dénoncé

Le conflit éleveurs – agriculteurs semblent être l’un des plus vieux conflits mettant en mal la cohabitation sociale et pacifique des descendants des Sao. Le spectacle de l’artiste Sultan y a fait un détour en rap en mettant en scène les artistes M’Res et Imaam T dans les rôles d’éleveur et agriculteur et une fois de plus c’est le roi Sultan qui est venu trancher. Vivre dans l’harmonie, privilégier le dialogue aux affrontements, se parler et surtout s’écouter, telles sont les recommandations du roi.
Un spectacle visuel très abouti, résultat d’un travail d’équipe remarquable

Visuellement parlant, le spectacle de l’artiste Sultan et sa team se positionne comme l’un des plus réussis et des plus aboutis de ce début d’année. Lors de la conférence de presse annonçant cette résidence, l’artiste Sultan avait présenté l’équipe qu’il a réuni pour ce projet en allant jusqu’à chercher les expertises ailleurs. On avait donc à la mise en scène le tchadien Maxime Oulouna Damsou venant du Burkina Faso, la touche du bodypainter camerounais Keulion au maquillage, au son et à la lumière le français Quentin. Pour être complet, le spectacle a vu la participation des artistes Melodji, Daisson, Imaam T, Omaarson, Tchadiano ; Bouchra et M’Res.



















Le collectif a d’abord offert un défilé avec des créations des stylistes Sy Élégance du Tchad et Obedia du Cameroun; des vêtements épousant parfaitement les formes de nos dames et les mettant vraiment en valeur. Nos dames arrachaient à chaque passage les applaudissements du public, qui pour une fois découvrait un défilé avec des modèles qui sortent de l’ordinaire, du moins des standards jusqu’ici servis sur les podiums de défilé du Tchad.
Le collectif a clôturé la soirée à un poème, reprenant l’essentiel de la plupart des messages qui ont été distillés tout au long de cette soirée. Femme ronde, femme belle, qui s’accepte et qui s’assume, qui reste forte et debout face au regard des autres, face aux clichés du quotidien.
C’est dans une ambiance de danse que s’est donc clôturée cette première édition inédite de la nuit des femmes rondes et belles. Des confidences des organisatrices et de la marraine de l’évènement, pour la prochaine édition, au regard de l’engouement et du succès de celle-ci, elles peuvent se permettre de rêver plus grand lors de la prochaine édition. Le collectif a tenu à rappeler qu’elles sont désormais, elles, réunies en association et lancent un appel à toutes les femmes rondes du Tchad qui hésitent encore à franchir le pas à les rejoindre au sein de leur association. Pour rester informé sur leurs activités, bien vouloir s’abonner sur leur page Facebook officielle La nuit des Femmes Rondes et Belles du Tchad.






Le registre dans lequel évolue l’artiste Mawndoé depuis la mise en place du projet « Au nom de l’art » est très propice pour essayer une collaboration avec le seigneur de la kora Sidiki Diabaté. les dernières propositions de Mawndoé 













