Le projet Au nom de l’art initié par l’artiste Mawndoé Célestin en début d’année a, comme tout autre projet de 2020, subi le cours des évènements liés au Covid-19. Sans toutefois démonté ou démotivé son initiateur, le projet s’est au fur et à mesure adapté aux réalités et aux urgences sociales imposées par la pandémie de covid-19.
C’est finalement ce vendredi 16 octobre 2020 dans la salle de spectacle de l’Institut Français du Tchad (IFT) que l’occasion a été enfin donnée au grand public d’apprécier le résultat de plusieurs mois de travail de l’artiste Mawndoé en compagnie d’une vingtaine d’enfants. Les 200 places disponibles étaient donc toutes prises pour la restitution de cette résidence de création.

De brèves mots d’introduction d’abord de notre habituel maitre de cérémonie Ricardo Labé et ensuite du Directeur Délégué de l’IFT ont servi de remblais à la mise en place de la scène après l’apéro concert donné par l’artiste Géneviève Matibeye. Le Directeur Délégué de l’IFT M. Pierre Muller a loué l’abnégation dont a fait preuve l’artiste Mawndoé pour mener à bien ce projet qui finalement aura couru sur presque toute l’année. Il n’a pas caché son impatience d’en découvrir les fruits essentiels comme nous tous en cette soirée. Bref, civilités faites, place au spectacle.
Mot d’encouragement du parrain du projet M. Asalfo du groupe Magic System & la diffusion du clip au nom de l’art

Avant la levée de rideau, un mot de soutien et d’encouragement de l’artiste Asalfo leader du groupe Magic System a été diffusé. Dans ces propos, il réitère son soutien à Mawndoé dans ce projet qu’il juge très noble, initier les enfants à l’essence même de l’art. Il s’est ensuite excuser pour son absence à N’Djaména pour des raisons liées à la pandémie de Covid-19 et a promis de faire le déplacement lors des prochaines éditions.
Diffusion ensuite du vidéogramme Au nom de l’art, que la majorité découvrait en exclusivité ; véritable carte postale visuelle côté visuel, messages subliminaux au nom de la terre, envoyés en français encadrés de belles mélodies en gambaye habillés par les voix des enfants. Tout simplement magnifique ; un vidéogramme signé Takoum Productions.
Pour la levée de rideau, l’artiste Mawndoé invite à se remettre en question

Alors que remontait l’écran géant sur lequel les diffusions ont été effectuées, c’est un Mawndoé super concentré, vêtu de son tablier qui apparait au milieu d’une scène avec derrière lui son armée d’enfants qu’il a surnommé les Mbororo dans un splendide décor signé de l’artiste Doff dont les dernières œuvres sont encore visibles dans la salle d’exposition de l’IFT. Chanson d’entrée « Je ne me comprends pas ». Une chanson qui résume presque parfaitement le parcours artistique de l’artiste jusqu’ici (nous y reviendrons un jour). Un parcours fait de remises en question. Un choix judicieux pour une mise en condition car, sans le savoir, c’est un autre Mawndoé que nous allons découvrir tout au long de la soirée.
Ce premier jet du spectacle ira dans le même sens « Je ne regrette pas d’avoir aimé », « Mon plus beau cadeau », c’est des messages pleins de maturité, qui nous appelle à n’avoir pas peur de nous remettre en question, d’accéder et assumer nos choix, reconnaitre que l’on peut se tromper etc. Des versions revisitées avec l’apport des chœurs des enfants.
L’instant acoustique en chœur avec les mbororo et le public

Quand les instruments se taisent et que Mawndoé se saisit d’une guitare, l’instant est toujours magique. Pour ceux qui suivent l’artiste depuis toujours, ces prestations acoustiques sont les meilleures. Une fois sa guitare ajustée et que les premières notes ont annoncé « Gué ya », le public a instantané chanté avec l’artiste. Une communion parfaite entre l’artiste, ses mbororo et le public. L’émotion atteint son paroxysme avec le titre « Netoua » qui reste à ce jour l’un des titres préférés des fans de l’artiste. Même les mbororo derrière arrivaient à en réciter les paroles.
Place à l’ambiance…

Il y’a eu le titre « Djobo » et ensuite l’ambiance est montée avec Robinho de Souza qui s’est mis à la batterie. Le public a pu apprécié pendant cette séquence les pas de danse des enfants. Un moment marqué par une surprise envoyée par l’artiste Mawndoé et ses mbororo au parrain Asalfo, une reprise d’un de leur succès planétaire, le titre « Magic in the air » cumulant actuellement plus de 300 millions de vue sur YouTube.
L’ambiance était pétillante en tout cas pour cette première sortie de restitution de la résidence de création au nom de l’art. D’autres titres bien connus ont été revisités : « mara zene », « Djerdjere », « on survivra », « i’m a lion », « Alfarhan ». Nous avons aussi pu apprécier quelques titres spécialement composés lors de la résidence.

Comme l’a dit l’artiste Mawndoé, il a vécu les meilleurs moments de vie musicale auprès de ses enfants et, grâce à eux, il a compris l’essentiel. Des paroles dont la véracité s’est confirmée à travers la performance hautement artistique livrée ce soir à l’IFT pendant environ 1h 30minutes. Ce concert restera sûrement dans les annales comme l’une des meilleures performances scéniques de l’artiste Mawndoé. Quelques 200 autres personnes auront l’occasion de vivre une fois de plus ce concert ce samedi, même heure, même lieu. Un article ne suffira pas à retranscrire toute l’expérience vécue dans la salle de spectacle de l’IFT alors, faites le déplacement pour cette dernière représentation.