Lorsqu’un artiste atteint la plénitude, son art se bonifie, parce qu’il a dépassé d’une certaine façon les besoins primaires qui peuvent entraver son expression artistique. Mawndoé nous montre avec le temps que l’accomplissement social est un essentiel dans le perfectionnement de l’expression artistique.
Quel artiste pourrait nier que sa condition sociale influe sur son expression artistique ? Lorsqu’un artiste crève la dalle, il est incandescent, poussé par l’envie de sortir de sa situation de précarité avec pour seul moyen son art, il va donner le meilleur de lui-même. Nous avons connu beaucoup qui ont été la meilleure version d’eux quand il était indigent.
Le plus souvent, une fois que l’artiste sort de l’indigence et atteint un « minimum » de quiétude sociale, la plupart deviennent paresseux, négligeant à la limite leur art, oubliant que c’est à cet art qu’ils doivent le fait de pouvoir dormir sereinement et de manger à satiété désormais.
Bref, Mawndoé Célestin fait partie de cette rare catégorie d’artiste qui, une fois socialement accompli, ils peuvent se laisser à leur créativité au maximum. Dans cette exploration philosophico-artistique, il nous a sorti le titre « Les Masques ». Un voyage audiovisuelle chargé de messages et de symboliques qui nous invite à nous interroger sur nous-mêmes. Sommes-nous encore nous-mêmes ? Sommes-nous authentiques ? Ne sommes-nous pas que masques ?
À quoi servent les masques ?
Le masque est protecteur: Comme un vêtement, il protège notre intimité, notre véritable moi, que l’on refuse d’exposer à tout le monde. L’on se refuse de montrer tel que nous sommes, de peur d’être vulnérable, de paraitre faible, dans une société où les réseaux sociaux dictent leurs lois, où le paraitre prime sur l’être.
Le masque est artifice: un maquillage que l’on s’impose pour paraitre vrai auprès de tout le monde, oubliant que l’unanimité n’est pas de ce monde. Paradoxe ultime, on se couvre de faussetés, d’artifices pour paraitre vrai. Comment arrivons-nous à magnifier le faux au détriment de l’original, de l’authenticité, du vrai ?
Quand tombent les masques…
Les artifices sont éphémères, comme une publication sur notre timeline, elles passent, s’estompent, s’oublient. Pouvons-nous échapper à notre véritable nature ? Nous pouvons abuser d’artifices, de subterfuges, mais la nature ne triomphe-t-elle pas toujours ? Quand tombe le masque, quand la magie se dissipe, quand la glace se brise que se passe-t-il ?
Lorsqu’on s’accomplit, lorsqu’on s’auto-détermine, lorsqu’on ne se laisse pas définir, bref, lorsqu’on est en paix avec soi-même… 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐫𝐦𝐞𝐧𝐭… Ils ne sont plus qu’une parure occasionnelle derrière lesquels nous ne sommes finalement plus qu’un parmi d’autres, quel que soit qui nous sommes, quel que soit notre genre, notre rang social, tout cela ne compte plus. Nous ne sommes plus que 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐝𝐚𝐧𝐬𝐞 au son des tam-tams.