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« Kalam Sutra », le premier roman d’Ache Ahmat Moustapha fait déjà parler

Alors que celà fait maintenant plus de 03 mois que Ache Ahmat Moustapha annonçait la sortie de son premier roman, rien ne prédisait les débats suscités par ce roman au Tchad alors que jusqu’ici la quasi totalité des tchadiens n’en connaisse encore que la couverture. Si jusqu’ici la 1ère de couverture avait laissé tout le monde sur la faim; (apparemment le titre n’avait interpelé  grand monde) c’est la revélation de l’extrait du roman présent en dernière de couverture qui a excité les esprits au point d’arriver à des appels à interdiction et à boycotte du roman.

Pour la petite histoire, Ache Ahmat Moustapha s’est fait connaitre comme cinéaste et auprès du public mais elle est aussi sociologue en communication. Elle a plusieurs métrages à son actif dont l’un des plus connu reste « Entre 4 murs » sorti en 2014. Installée en France depuis quelques années où elle est membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique (CPA) depuis juillet 2019, Aché est restée très concernée par la vie socio-politique de son pays le Tchad dont elle n’hésite pas à dénoncer les maux à travers ses sorties sur les réseaux sociaux.

Kalam Sutra, le roman © Tous droits reservés

Désormais aussi auteure, si « Kalam Sutra » est son premier roman, Aché Ahmat a déjà co-écrit avec Salma Khalil un livre receuil de portraits des femmes tchadiennes en 2016. Selon les informations données par l’auteure elle-même à travers diverses interviews, « Kalam Sutra » raconte l’histoire d’une petite fille du nom de Kelou qui perd ses parents très tôt suite à une attaque de Boko Haram et qui va devoir vivre et survivre dans un périple entre le Tchad et la France. Un résumé qui s’éloigne pourtant du scandale que l’on veut revêtir le roman.

Si le roman qui à la base est bien sûr une fiction, l’auteure elle-même reconnait que l’histoire racontée s’inspire des « réalités tchadiennes » de ce qu’elle a vécu, vu et entendu à travers ses multiples voyages à travers le Tchad avec pour point de départ  la région du Lac Tchad dont elle est originaire. Aché Ahmat de par ses oeuvres cinématographiques a toujours peint les réalités tchadiennes qui peuvent déranger ou encore celles sur lesquelles l’on garde toujours un voile de pudeur. C’est donc tout naturellement que lorsqu’elle écrit un roman qu’on puisse y retrouver la même ligne éditoriale.

couverture du roman © Tous droits reservés

Kalam Sutra est sorti en métropole  début de mois de juin et l’auteure continue actuellement les soirées dédicades à travers la France en attendant une date de sortie au Tchad. Le roman est déjà disponible en version digitale sur plusieurs sites dont la Fnac et le le site de la maison d’édition centmillemilliards.com. L’extrait ayant suscité les premiers débats décrit en fait une scène d’accouchement commençant ainsi « Allongée sur le dos jambes écartées, une femme s’apprête à donner la vie… » et se termine par « Elle est si belle qu’on va devoir augmenter le nombre de chameaux ».  Un extrait qui à lui seul met le doigts dans deux plaies très profondes dans la société tchadienne, nous n’en dirons pas plus.

Le roman d’Aché Ahmat lèverait-il le voile sur des questions liées à la pudeur? à l’intimité? Tout porte à croire que oui au regard des vives réactions provoquées au sein d’une société où des communautés restent très attachées et conservatrices sur des sujets qu’il faut garder tabous. Des réactions qui rappellent celles qui ont succédées à la diffusion du film Lingui du cinéaste Mahamat Saleh haroun.

Quoiqu’il en soit, nous attendons impatiemment la présentation du roman par l’auteure au Tchad afin que chacun puisse s’en procurer, en faire sa propre lecture pour avoir des débats de qualité dessus. D’ailleurs n’est ce pas le rôle premier d’une eouvre littéraire de susciter le débat?

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