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Faire voler un drone dans le ciel tchadien: le calvaire des producteurs audiovisuels

Faire voler un drone dans le ciel de beaucoup de pays africains reste un véritable parcours de combattant pour ceux qui veulent profiter des avantages de cet outil qui a révolutionné en si peu de temps les possibilités de prises de vues. Cependant, à défaut d’une réglementation pour encadrer l’utilisation de ces engins, c’est un  véritable parcours du combattant auquel il faut s’adonner pour faire voler un drone et le Tchad n’est pas en reste.

Au départ, les drones étaient utilisés à des fins militaires et scientifiques et étaient même méconnus du public. Mais depuis quelques années, les drones civils ont fait leur apparition sur le marché pour des utilisations à but commercial et récréatif. Même si on s’accorde tous sur la nécessité de réglementer l’utilisation de ces appareils qui peuvent servir à des fins malveillantes, l’on est autant plus désappointé des barrières qui se hissent au devant de ceux qui veulent en faire un usage commercial et qui sont soucieux de se plier à la réglementation c’est-à-dire obtenir une autorisation de vol.

Les autorisations de vol pour drones civils s’obtiennent au gré à gré

En l’absence d’une réglementation sur l’utilisation de drones civils au Tchad, l’obtention des autorisations est totalement au « vouloir discrétionnaire » de l’autorité publique. Nul ne peut vous dire à ce jour quel est la procédure « normale » pour se voir délivrer une autorisation de vol de drone civil. Toujours est-il que force est de constater que des prestataires étrangers réussissent cependant à faire voler des drones au Tchad, comment obtiennent-t-ils des autorisations? Mystère…

Un énorme préjudice pour les producteurs audiovisuels tchadiens

Nous ferons fi de l’utilisation des drones à but récréatif parce qu’il faut déjà une autorisation pour faire entrer un drone au Tchad, cependant si vous vous rendez dans les supermarchés de la capitale du pays de Toumaï, vous y trouverez des drones « pour enfants » en vente libre. On se demande qui serait prêt à courir le risque d’acheter ces drones là à ses enfants.

Les plus touchés par ce flou réglementaire sont les producteurs audiovisuels qui ont le souci d’aligner leurs productions (clips vidéo et spots publicitaires) aux mêmes standards que ceux des pays voisins. Pour ces derniers, c’est un véritable parcours du combattant: « J’ai été orienté au ministère de l’intérieur, ensuite le dossier est transmis aux renseignements généraux pour enquête, le dossier est ensuite allé au ministère de la communication, transmis à l’ANS (Agence Nationale de Sécurité) (…) ça fait 6 mois aujourd’hui que ça dure… » tel est le témoignage nous livre l’un des prestataires audiovisuels de la capitale.

Le constat aujourd’hui est qu’il est donc plus facile de passer par les « réseaux » pour obtenir une autorisation de vol d’un drone civil au Tchad. En suivant une procédure « normale » cela vous prend 6 mois pour une autorisation de vol qu’il faudra donc renouveler à chaque nouvelle utilisation.  » 6 mois pour une autorisation, mon drone ne pourra donc voler que deux fois par an » ironise le prestataire.

Réglementer pour mieux encadrer l’utilisation des drones civils

Plusieurs pays d’Afrique ont commencé à réglementer l’utilisation des drones civils. Une utilisation qui a déjà fait ses preuves dans plusieurs domaines comme l’agriculture, la médecine et bien sûr dans l’audiovisuel. Même si la demande n’est pas encore conséquente au Tchad pour vraiment créer un marché et des emplois connexes, la vente libre des drones civils dans les supermarchés et les demandes ponctuelles des prestataires audiovisuels devraient déjà interpellés les autorités pour se pencher sur la question.

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